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Les 6 classes de l’école Le Loch d’Auray (Morbihan) qui ont participé à la course virtuelle du Vendée Globe avaient une bonne raison de suivre attentivement le parcours de Damien Seguin, 7e aux Sables-d’Olonne : sa fille Marjane est une de leurs camarades. Sensibilisés au fait qu’il lui manque une main, les enfants ont aussi adoré son arrivée en Capitaine Crochet.

Catherine Chauveau, votre LochTeamCE2CM1 a terminé 28e de la course virtuelle qui réunissait les associations Usep. Ce n’était pas la première fois que votre classe participait à celle-ci, ni que vous suiviez plus particulièrement Damien Seguin

Non, la première fois c’était il y a deux ans sur la Route du Rhum. C’était une évidence puisque la fille de Damien, Marjane, était élève dans ma classe de CE2. C’était très motivant pour les enfants. Nous avons même eu un échange avec lui en pleine mer ! Cette année, 6 classes ont participé au Vendée Globe sur Virtual Regatta, et une visio a été organisée et suivie par près de 300 classes. Les classes d’Auray qui y participaient ont pu poser des questions transmises par son épouse, Tifenn. Mais c’était moins intime, et moins interactif puisqu’il ne pouvait pas nous entendre en direct.

Toute l’école a donc vécu les derniers mois au rythme du Vendée Globe…

Oui ! Outre mon CE2-CM1, il y avait une classe d’Ulis, un CP-CE1, un CM1, et deux CM2, dont celui de Marjane. L’émulation était forte, et nous sommes fiers de notre performance : 70 jours, 22 heures, 47 minutes et 39 secondes. Les CM1 ont fait mieux, mais avait omis de s’inscrire dans la course réservée à l’Usep. On se suivait les uns les autres, et aussi ceux engagés individuellement par certains les élèves. Nous avons travaillé les continents et les fuseaux horaires, fait le tour de l’Antarctique, découvert la Tasmanie et son fameux « diable » en passant au large de l’Australie, et appris ce qu’était le Nemo Point : l’endroit le plus éloigné de toute terre émergée. Tous les jours nous placions notre bateau et celui de Damien sur la carte. Nous regardions aussi les petites vidéos qu’il partageait, comme celle où il filme des baleines.

Avez-vous abordé avec vos élèves le fait qu’il lui manque une main ?

Oui, comme nous avons parlé en classe de son association Des pieds et des mains, et du fait que par le passé on lui a refusé de participer à une course en raison de son handicap. Il s’est battu pour obtenir ce droit, et là il arrive parmi les meilleurs… Cela a marqué les élèves, qui ont aussi souri en le voyant arriver, déguisé en Capitaine Crochet. Ils ont compris qu’il s’amusait de son handicap physique et n’avait aucune gêne par rapport à celui-ci. Ils ont aussi beaucoup aimé sa déformation du proverbe « Ne pas remettre à demain… » en « Ne pas remettre ce que l’on peut faire avec une seule main… ». Les enfants apprécient beaucoup ce genre de jeux de mots.

Est-il prévu un petit débriefing avec Damien Seguin ces jours prochains ?

C’est prévu avec d’autres classes d’Auray, quand le protocole sanitaire le permettra. Nous avons hâte ! Sinon, on a aperçu Damien lorsqu’il a accompagné Marjane à l’école en début de semaine dernière. Mais la course n’est pas finie pour tout le monde. Mon fils, qui est dans ma classe, a aussi engagé son bateau. Il est assidu tous les matins pour faire le point sur sa carte, comme d’autres enfants de l’école.