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La vocation de l’Usep, développer l’activité physique et sportive des enfants, épouse l’un des objectifs assignés à « l’héritage » que doivent laisser les Jeux de Paris. Parallèlement, l’ambition d’éducation à la citoyenneté passe par un questionnement des valeurs de l’olympisme et du paralympisme. C’est l’objet d’une fiche débat destinée aux enseignants.

Chaque année, l’Usep participe à la Semaine olympique et paralympique. La fédération a également obtenu le label Terre de Jeux et imaginé l’événement Unis’vers 2024 pour mobiliser autour des Jeux olympiques de Paris le plus grand nombre d’enfants et leurs parents. Pour autant, associer le sport scolaire et l’olympisme ne va pas forcément de soi : quel rapport en effet entre une pratique mixte invitant chacun enfant à pratiquer selon ses capacités et une compétition réservée aux tout meilleurs ?

« L’Usep ne se situe pas dans un soutien inconditionnel aux Jeux olympiques et paralympiques, mais adhère à un objectif commun : permettre aux écoliers de faire davantage d’activité physique, grâce à l’attrait exercé par les JO et leur dimension symbolique. Et, dans notre démarche pédagogique et éducative, nous y ajoutons une pratique réflexive, pour favoriser une approche éclairée de l’olympisme et voir plus loin que le podium et les médailles », résume Patrick Morel, vice-président de l’Usep en charge de la vie sportive.

L’Usep n’a d’ailleurs pas attendu que Paris soit désigné ville-hôte des Jeux de 2024 pour travailler sur ce lien entre sport scolaire et olympisme. En 2004, à l’occasion du retour des Jeux dans leur berceau athénien, elle avait déjà fait des « valeurs de l’école, du sport et de l’olympisme » le thème de sa semaine nationale. Un cahier pédagogique toujours d’actualité en témoigne.

« Un certain nombre d’enseignants montrent une défiance à l’égard de la compétition exacerbée qu’incarnent à leurs yeux les Jeux olympiques, note Patrick Morel. S’y ajoutent parfois des enjeux économiques qui font débat, des suspicions de dopage ou des accents nationalistes qui vont à l’encontre du fair-play et de l’universalité prônés par l’olympisme. On a donc tout à fait le droit de formuler des réserves. Mais nous ne nous situons pas dans ce schéma : nous défendons la pratique physique du plus grand nombre, au regard des enjeux de bien-être et de santé, et aussi une ouverture au monde. Les Jeux olympiques ont un retentissement considérable. Ils font partie de notre environnement social, et s’y associer et réfléchir aux valeurs qu’ils portent contribue bien à développer un esprit critique de citoyen. »

Débat associatif

La fiche débat finalisée en juin 2020 s’inscrit dans la pratique du débat associatif, familière aux animateurs Usep. Après un rappel du positionnement de la fédération et des références au programme scolaire (notamment l’enseignement moral et civique), elle propose une méthode pour « faire vivre » les valeurs de l’olympisme et du paralympisme dans une rencontre sportive associative Usep, au regard des notions qui la caractérisent : « plaisir, effort, progrès, fair-play, respect, solidarité, bien-être… »

Le débat pourra naître d’une situation concrète rencontrée lors d’une rencontre sportive, ou être suscité au moment d’en faire le bilan en classe. Trois temps sont proposés : une réflexion individuelle, puis orale et collective, et enfin orale et écrite en groupe, qui peut ensuite se traduire par une production collective.

« Cette fiche s’adresse notamment aux enseignants des écoles labellisées Génération 2024 qui découvrent l’Usep, souligne Patrick Morel. Intéressés par notre démarche pédagogique, ils ne savent pas toujours comment s’y prendre. Cette fiche les aidera à mettre les enfants en capacité de réfléchir, d’échanger et de faire des choix. »