La Semaine olympique et paralympique offre l’occasion de composer des rencontres multisports avec l’appui des comités sportifs et de leurs éducateurs. Dans les Hauts-de-Seine, c’est même une tradition. L’Usep avait ainsi convié mardi 4 avril, sur le frais gazon du parc des sports de Gennevilliers, 500 enfants de la commune et des voisines d’Asnières, Villeneuve-la-Garenne, Colombes et Garches. Une certaine idée du bonheur à laquelle la présidente du CNOSF Brigitte Henriques, invitée de marque, n’a pas été insensible.

Même si on devient éducateur sportif par vocation, il est des jours où l’on aime encore plus son métier. Des jours où l’on fait découvrir son sport à des écoliers qui vous paient en sourires. Des jours comme celui passé sur les pelouses du parc des sports de Gennevilliers, à apprendre à des enfants dont l’air vif et le clair soleil exacerbent la vitalité les rudiments de sa discipline préférée. En 30 minutes chrono, un vrai défi.

Accueillir 250 enfants de cycle 2 le matin et autant de cycle 3 l’après-midi exige en effet un strict respect des rotations. Même ainsi, impossible de goûter à tout. Ce matin, les enfants des écoles Jean-Moulin de Villeneuve-la-Garenne et Fontaine d’Asnières-sur-Seine s’essaient au rugby, au handball et à l’athlétisme quand leurs camarades pratiquent le badminton, le hockey et le football. Les ateliers « inclusion » diffèrent également : Amélie, Lise et Ludivine, les trois animatrices de la Ligue de l’enseignement, suscitent le débat sur l’égalité femmes-hommes à partir d’un quizz sur les Jeux olympiques et paralympiques tandis que les éducateurs du comité départemental olympique (Cdos), Mehdi, Thibaut et Amine, abordent la question de l’homophobie avec des animations que les enfants visionnent sur des tablettes. Enfin, le paralympisme prend pour les uns le visage (masqué) du cécifoot et pour les autres celui de la course en aveugle. Pour en savoir plus, suivez le guide…

Cécifoot. « Quelle est la différence entre un sport olympique et paralympique ? » C’est la question préalable posée par Anass, l’éducateur Usep, et à laquelle Yessin répond immédiatement de manière précise. Il va donc pratiquer avec sa classe « un sport collectif paralympique qui s’apparente au football mais n’en est pas tout à fait ». Une différence qui tient au masque occultant porté sur les yeux et aux « grelots dans le ballon », comme le souligne son copain. Et quel est le nom de ce para-sport ? « Handifoot », hasarde une fillette. Non… Tout le monde sèche et c’est Hélène, maman accompagnatrice d’Agathe, qui donne la réponse. Trop facile : son fils Gabriel s’est initié au cécifoot l’an passé en CE1, déjà avec l’Usep… Préambule terminé, on entame l’atelier, construit sur une progression : conduite de balle, passe, puis tir au but. Sauf pour Nolan, qui a du mal à réfréner son envie de shooter dans la balle qui fait du bruit.

Hockey. L’attrait d’un sport réside aussi dans l’équipement. En hockey sur gazon, il s’agit de crosse, dont deux fillettes étrennent les divers usages. Par exemple, accrocher l’une à l’autre par leur bout recourbé et tirer pour voir qui sera la première à céder. Mais Antoine, l’éducateur du comité de hockey, les ramène aux fondamentaux : la conduite de balle. Puis on accélère le rythme, et à la fin on tire, chaque but apportant un point à son équipe. Le hockey, c’est quand même plus intéressant comme ça, les filles !

Rugby. Félix, entraîneur senior à Neuilly, n’a pas l’habitude du jeune public. Lui qui à 32 ans ne connaît pas encore les joies de la paternité est comme les enfants qu’il encadre aujourd’hui : il découvre. « C’est très marrant. Ils croquent la vie et ont envie de courir, de porter le ballon. Rugbystiquement ce n’est pas très sophistiqué, il faudrait plus de temps. Mais j’ai vu deux fillettes dont les appuis feraient vite la différence… »

Handball. Comment rester insensible à cette balle jaune et à ces cages rouge et blanc dotées de filets qui ne demandent qu’à trembler sous les tirs ? L’atelier handball aiguise les ardeurs, au grand plaisir des trois éducateurs du comité : Didier, Séverine et Emmanuelle, conseillère technique fédérale. « Nous répondons présent dès que l’Usep nous sollicite ! », explique-t-elle. Est-ce leur savoir-faire où la fine connaissance du jeu que semblent avoir déjà plusieurs enfants ? En tout cas le match est palpitant et d’excellent niveau : des dribbles mais pas trop, des passes bien ajustées, des tirs puissants, parfois en extension, et de superbes parades de gardien. Aussi le spectateur reste-t-il là, hypnotisé, jusqu’au coup de sifflet final.

Athlétisme. En conseiller technique départemental expérimenté, Yves sait s’adapter à son public. Ce matin, il a imaginé pour les CP-CE1-CE2 un enchaînement de courses, haies et sauts dans des cerceaux qui font furieusement penser à des anneaux olympiques. « Cet après-midi, avec les CM1-CM2, nous passerons à des parcours avec chronométrage électrique, pour ajouter à la motivation. » Mais ce matin c’est la joie simple de courir et sauter, en travaillant la coordination sans même en avoir idée.

Football. L’atelier football est comme toujours très attendu par ceux qui souhaitent faire étalage de leur technique, parfois au détriment du collectif… « Nous n’en faisons pas trop à l’école », commente Linda Azizian, la maîtresse du CE2 B de l’école Langevin de Gennevilliers, dont les élèves ont en revanche bénéficié avec l’Usep d’animations cirque et kinball et d’une initiation aux gestes qui sauvent. Aussi est-ce l’occasion pour Fabien, l’éducateur du district 92, et Walid, du club d’Asnières, d’apprendre aux purs néophytes à mener le ballon du bout du pied sans l’envoyer valdinguer loin des plots, avant d’organiser de petits matchs au fort enjeu symbolique.

Badminton. Même lorsque le vent est modéré, il n’est pas simple de pratiquer le badminton en plein air. « Mais les objectifs sont mesurés pour une initiation de 25 minutes », observe Léa Palasse, conseillère technique départementale et entraîneure à Courbevoie. Elle s’attache donc aux bases prise de raquette en coup droit et en revers, service, quelques jongles, puis des échanges. « C’est ludique, les enfants s’éclatent » résume l’éducatrice, qui connaît l’Usep, pour être intervenue plus longuement à l’école Aristide-Briand de Montrouge.

Parcours à l’aveugle. Au fil de la matinée les enfants ont tombé le manteau et, pour les enfants réunis autour d’Apollinaire, l’éducateur Ufolep, pour le parcours, cet atelier est déjà le dernier. Aussi possède-il une saveur particulière. Une fois habitués à se laisser guider par celui ou celle à qui ils sont liés par un foulard, ils perdent toute appréhension, surtout sur un gazon aussi meuble. Et les yeux bandés, tous leurs autres sens sont exacerbés. Rayonnants, ils savourent et étirent les derniers instants d’une intense matinée.

 

La présidente du CNOSF sur le terrain scolaire

Point d’orgue de la journée, l’après-midi les enfants et les organisatrices Usep de la rencontre1 ont reçu la visite de la présidente du Comité national olympique et sportif français, Brigitte Henriques, accompagnée de la présidente de l’Usep, Véronique Moreira. On remarquait aussi la présence du président de l’Usep Hauts-de-Seine, Patrice Roder, de l’Inspecteur de l’Éducation nationale et d’autres personnalités. Tous sont passés d’un atelier à l’autre, s’enquérant de leur contenu auprès des éducateurs sportifs ou observant leur déroulement d’un œil expert. La présidente du CNOSF fut aussi la première à échanger avec les enfants lors de cette mise en lumière conjointe de la Journée olympique et paralympique et du sport scolaire. A-t-elle évoqué avec eux Paris 2024 et l’accueil du tournoi de hockey sur gazon au stade Yves-du-Manoir de Colombes, de la natation et du water-polo à La Défense Arena, ou parlé avec eux des six communes des Hauts-de-Seine que traverseront les concurrents du marathon ? Nous n’étions pas dans la confidence.

(1) La déléguée du comité Usep Magali Bourgouin et son adjointe Johanna Goudeau.