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Faut-il forcément proposer un goûter ou un en-cas aux enfants qui participent à une rencontre sportive scolaire ? Ou seulement lorsque la dépense énergétique est importante ? Et quels types d’aliments proposer ? Sous quelle forme ? La fiche repères «santé & bien-être» validée par notre médecin fédéral s’efforce de répondre aux questions que se pose tout animateur Usep.

« Goûter ou en-cas » : pourquoi poser la question en ces termes ?

Rituellement, les rencontres Usep s’accompagnent d’un goûter qui en marque la fin et participe de leur convivialité, avec une dimension de récompense. L’en-cas est davantage identifié à un besoin énergétique. Poser la question, c’est inviter à s’interroger sur les besoins de l’enfant, qui sont différents s’il participe à une course de durée en hiver ou une rencontre pétanque en été. Ou s’il court à 9 h ou à 11 h 30, avec un repas derrière. L’en-cas permet aussi de répondre au fait que de nombreux enfants ne déjeunent pas, ou pas suffisamment, le matin. Ce n’est pas seulement une question de milieu social : beaucoup ont du mal à petit déjeuner de façon conséquente le matin. Et s’ils doivent courir 20 minutes, ils vont ressentir un besoin énergétique. Goûter ou en-cas : à chacun son rôle, sa composition, son moment.

La fiche va-t-elle à l’encontre du présupposé selon lequel il n’y a pas de rencontre Usep sans goûter ?

Non, mais il invite à dépasser la notion de récompense, qui a longtemps été très présente à l’Usep. Dès qu’il s’agissait de courir, il y avait remise de médaille, d’un diplôme et d’un goûter sucré, genre pain au chocolat. Cela a évolué, y compris du côté de la boisson, où l’on privilégie des jus de fruits de production locale et surtout l’eau, seule boisson nécessaire et indispensable. L’idéal, ce sont d’ailleurs des points d’eau facilement accessibles.

Que proposer à manger, quand et comment ?

Pas seulement du sucré, mais aussi du salé. Autre suggestion : proposer des fruits au lieu d’un gâteau. Des pommes, qui ont l’avantage de se conserver et de se couper facilement en quartiers : deux ou trois quartiers par enfants ça suffit, ça hydrate et c’est énergétique. Cela peut aussi être des morceaux de mangue, des tranches de melon ou des frites de carotte ou de concombre, même si ça donne un peu plus de boulot : en fin de matinée, bien présenté, ça passe très bien ! Des céréales et des fruits secs donneront de l’énergie et, en automne-hiver, sur un cross, on peut imaginer proposer un bouillon chaud. Et évitons le suremballage, pensons au vrac !

Faut-il oser le libre-service ?

Parmi les enfants qui, interrogés avec la réglette des émotions, disent n’avoir pas ressenti de plaisir dans lors d’un cross, il y a ceux qui n’aiment pas courir, ceux qui ne possédaient pas la tenue adéquate et ceux qui manquaient d’énergie parce qu’ils avaient faim, faute de petit déjeuner, le repas le plus important de la journée. L’en-cas permettant de les sustenter peut en effet être proposé sur un stand ouvert, avant même la pratique sportive, à ceux qui en ressentent le besoin. Et pourquoi ne pas y ajouter une information sur l’alimentation et les besoins énergétiques en déployant les panneaux de bandes dessinées de l’Attitude santé ? Donner à lire tout en grignotant aide à faire passer le message. Le libre-service ne favorise pas la surconsommation par gourmandise. Nous l’avons testé sur des rencontres de masse : jamais on ne voit des enfants s’attarder au buffet. Ils ont trop envie de participer, et ceux qui seraient tentés s’aperçoivent bien que les autres se servent de façon modérée. Cela tient aussi aux aliments proposés : des morceaux de pomme ou de carottes, on n’avale pas ça comme des bonbons !