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C’est le bateau engagé par les CM1-CM2 de l’école de la station de ski de La Plagne (Savoie) qui a remporté l’an passé la course virtuelle Usep de la Transat Jacques-Vabre. Aujourd’hui, les élèves sont de nouveau au rendez-vous de la Route du Rhum, dans le sillage d’un enseignant et directeur qui s’appuie sur la course au large pour élargir leur horizon et donner du sens aux apprentissages.

Guillaume Frey, cela fait plusieurs années que votre classe de l’école de La Plagne engage un bateau dans la course virtuelle Usep de voile : quelle en est l’origine ?

L’origine, c’est ma découverte de Virtual Regatta à l’occasion du Vendée Globe 2012. Féru de voile, j’ai essayé à titre personnel. Puis, quand j’ai appris que l’Usep proposait d’y participer avec sa classe, j’ai sauté sur l’occasion : cela faisait sens avec le projet de classe de mer que je monte chaque année, en Méditerranée ou en Bretagne, afin que ces enfants de la montagne découvrent une autre forme de glisse et un autre environnement. C’est une façon de travailler les apprentissages et la géographie en s’amusant. Les élèves ont immédiatement accroché, et beaucoup de parents ont engagé eux aussi des bateaux dans une sorte d’enthousiasme général. Depuis 2016, nous participons donc aux grandes courses virtuelles Usep : la mini-transat, le Vendée Globe, la Transat Jacques-Vabre et la Route du Rhum.

C’est le bateau de l’école ou de la classe ?

Celui de ma classe de CM1-CM2. Avec de plus petits niveaux c’est compliqué, car la navigation virtuelle reste assez technique. Elle permet en revanche une première sensibilisation à la marche d’un bateau et au vocabulaire marin. C’est une façon d’entrer dans notre projet voile, surtout en suivant les skippers au jour le jour. L’an passé, nous débutions nos journées en projetant sur le tableau blanc interactif les vidéos de 1 à 3 minutes dans lesquelles Jean Le Cam, Sam Davies ou Jérémy Beyou racontaient leur quotidien. Et les enfants savaient que notre bateau se trouvait virtuellement au même endroit.

Vous allez reprendre le même rythme ?

Oui : un point chaque matin, et si possible un autre vers 16 h 30. Le soir ou le week-end, des élèves ont ensuite la responsabilité de gérer le bateau selon ce qui a été décidé collectivement en classe. Et en dehors de ces rendez-vous, il y a tout le travail en mathématiques sur la vitesse en nœuds à convertir en km/h, sur l’angle au vent et les différentes allures (près, vent de travers, le largue, le vent arrière), ce qui sert ensuite en classe de mer. Et aussi la géographie : sur une simple traversée de l’Atlantique c’est plus limité, mais sur le Vendée Globe on découvre le monde. Et tous les élèves savent ensuite placer le cap Horn, que l’on attend tout au long de la traversée de l’océan Pacifique pour ensuite remonter l’Atlantique vers l’arrivée.

Cette responsabilisation des élèves était la clé de la victoire l’an passé ?

Peut-être, mais cette première place était surtout une surprise totale. Ce n’était absolument pas un objectif, d’ailleurs c’est la première fois que nous étions si bien classés. C’est un ensemble de plusieurs choses : je suis un passionné qui essaie de transmettre ma passion aux enfants, et l’émulation dans la classe a fait que tous les élèves étaient motivés pour trouver les bonnes stratégies, les meilleurs réglages. C’est pourquoi notre bateau est allé si vite. Et l’engouement fut tel que d’anciens élèves, à présent collégiens, m’ont contacté pour me demander si on faisait la Route du Rhum, et me dire qu’ils avaient engagé leur propre bateau. On se dit alors qu’on leur a transmis quelque chose, et pas seulement le goût de la compétition.

École d’altitude et rencontres Usep de plein air

« Installée à 2 000 m d’altitude, au centre de la station de La Plagne, notre école primaire accueille 75 élèves à l’intersaison (automne et printemps) et une centaine l’hiver avec ceux dont les parents sont saisonniers. Et de la maternelle au CM2, toutes les classes sont à double niveau.

Le calendrier de l’Usep Savoie est riche, avec des rencontres dans la vallée de la Tarentaise, comme Indiana Mômes, journée aventure pour enfants de cycle 2 organisée au Fort de Tamié. Pour le cycle 3, il y a la Vallée des Défis, en mai : les enfants partent en autonomie à vélo d’Aime à Bourg-Saint-Maurice, avec des épreuves sportives tout au long du parcours, avec du tir à l’arc, un pont de singe, de l’orientation… S’y ajoutent des rencontres ski de fond, le Trappeur en mars (ski de fond, raquettes, tir, orientation) et les Chemins de la mémoire en juin. Essentiellement du sport nature, même s’il y a aussi quelques tournois de sports collectifs. »