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Parmi les 75 000 enfants qui participent jusqu’à fin juin 2018 au P’tit Tour Usep, les CM1-CM2 effectuent les étapes à vélo. Ils suivent auparavant une éducation à la sécurité routière et une préparation physique. Dans le Val-d’Oise, cela passe par des sorties le samedi matin conjointement encadrées avec les parents. Une promotion des mobilités actives dont les enseignants peuvent mesurer les effets.

Cela fait plus de 40 ans que l’Usep Val-d’Oise initie les écoliers au vélo. Précisément depuis la création d’une Ronde cyclo qui, avec d’autres initiatives départementales, a donné naissance au P’tit Tour. Aussi la pratique de la bicyclette y est-elle solidement ancrée, chez les enfants comme chez leurs parents. « Nous nous appuyons sur plus d’un millier d’adultes accompagnateurs agréés », souligne Éric Pelletier, directeur de l’école d’Immarmont, à Osny. Lui-même peut compter sur 15 bénévoles, dont une moitié de fidèles n’ayant plus d’enfant scolarisé dans sa classe. « J’ai aussi deux anciens élèves majeurs dont l’un, Hugo, a accompagné l’étape du P’tit Tour l’an passé ! ».

Quinze sorties le samedi matin

Les dix classes qui participent au P’tit Tour inscrivent à leur calendrier une quinzaine de sorties dans l’année. De septembre à fin octobre, il s’agit de s’assurer que les enfants maîtrisent leur vélo, parallèlement à une première mise en jambes. « D’abord, conserver son équilibre en lâchant le guidon d’une main pour indiquer un changement de direction. Ensuite, passer les vitesses. Enfin, savoir comment fonctionne un vélo et vérifier les freins et le gonflage des pneus », détaille Nathalie Lamenthe, directrice de l’école Anne-Franck de Magny-en-Vexin.

Après la coupure de l’hiver vient le temps des brevets de distance : 25, 35 et enfin 50 km. Des distances que l’esprit d’équipe et l’émulation du groupe aident à apprivoiser. « Entre temps, explique Éric Pelletier, les enfants ont appris à rouler côte à côte, en file indienne, et à tenir une allure régulière ou à l’adapter aux circonstances : freiner en urgence ou accélérer pour prévenir un danger. »

De futurs pratiquants avisés

Les enfants sont alors prêts pour l’aventure collective que constituent le P’tit Tour et la Ronde cyclo. Ce solide apprentissage leur donne également la confiance et les codes nécessaires pour devenir plus tard des pratiquants réguliers et responsables.

« Je vois certains de mes CM2 pédaler en famille ou d’anciens élèves circuler seuls à vélo. Des parents accompagnateurs se sont même mis à en faire entre eux », relève Nathalie Lamenthe, l’enseignante de Magny-en-Vexin. Quant à Éric Pelletier, il met aussitôt en pratique les compétences de ses élèves : « Quand nous participons en fin de saison à une rencontre Usep située à moins de 10 km et que je dispose de suffisamment d’accompagnateurs, nous y allons à vélo. » De même, en l’absence de bus desservant leur quartier excentré, bon nombre de ses anciens élèves se rendent à bicyclette à leur collège, distant de 5 km. Le début de l’autonomie…

Une ouverture sur l’extérieur

Le P’tit Tour a même une influence sur des enfants qui n’y participent pas. « Mes CM2 ont valeur d’exemple auprès des autres classes, pour lesquelles nous organisons des ateliers d’apprentissage dans la cour », explique Thierry Kurkovski, directeur de l’école Albert-Camus de Sarcelles.

Thierry Kurkovski insiste aussi sur la « dynamique de classe » que suscite la participation au P’tit Tour et à la Ronde. « Les gamins sont portés par le projet, souligne-t-il. En outre, pour des enfants qui sortent rarement de leur quartier, c’est l’occasion de découvrir un autre environnement : celui des villages, de la campagne. Et le faire au rythme de son coup de pédale, ça n’a rien à voir avec une sortie en autocar. »

Circulations douces. Fin mai, les élèves de Sarcelles retrouveront ceux de Magny, d’Osny et des sept autres classes inscrites au P’tit Tour et à la Ronde cyclo pour composer un peloton de 210 enfants, encadré par 52 accompagnateurs. Insuffisant toutefois pour répondre favorablement à toutes les candidatures… C’est pourquoi des enseignants Usep du Val-d’Oise ont créé ce printemps un séjour sur « la circulation douce » associant des parcours à vélo à de la randonnée pédestre et de l’équitation, en lien avec la thématique « se déplacer » figurant au programme de géographie de CM2. Ce séjour réunira quatre classes Usep du 11 au 15 juin à Chevillon (Yonne) : une façon complémentaire de promouvoir les mobilités actives qui fait également écho à la Semaine nationale de la marche et du vélo à l’école et au collège organisée du 4 au 8 juin, et dont l’Usep est partenaire.