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Après s’être relancée en s’appuyant sur des associations de secteur en zone rurale, l’Usep de l’Aisne appuie son développement actuel sur la forte implication des enseignants. Le comité s’efforce également de réduire la part des subventions dans son budget et s’ouvre aux écoles des quartiers prioritaires des Cités éducatives de Soissons, Saint-Quentin et Laon. Le délégué départemental, François Gilbert, regrette toutefois de ne pouvoir répondre à toutes les demandes d’affiliation, faute de moyens humains.

Délégué atypique. « Au-delà du fait de ne pas être enseignant, j’ai un profil particulier pour un délégué Usep. Investi à titre personnel dans une association de VTT, « À Laon Bike », j’ai débuté à l’Ufolep Aisne en 2010 comme éducateur sportif, jusqu’à devenir responsable de la formation. Sur la fin, durant trois ans, mon poste a été partagé avec l’Usep dans la perspective de devenir délégué. Depuis septembre 2021, je suis ainsi salarié à temps complet de l’Usep de l’Aisne, avec pour particularité d’être mis à disposition de la Ligue de l’enseignement sur 50 % de mon temps afin d’exercer les responsabilités de délégué général, c’est-à-dire de directeur. Je dirige donc les deux structures, après être passé par la troisième entité de notre mouvement qu’est l’Ufolep. Cela me donne une vue générale et le sens de la synergie ! »

Associations de secteur. « Dans les années 2010, face à une vague de départs en retraite parmi ses militants, le comité a fait le choix de se restructurer autour d’associations de secteur en zone rurale réunissant plusieurs écoles. Ceci sans sacrifier la vie associative, au contraire : le principe « une école, une association » perd en effet de son sens lorsqu’il n’y a qu’une ou deux classes à plusieurs niveaux. Parallèlement, à partir de 2018 nous nous sommes recentrés sur l’identité Usep :  ne plus être dans la « prestation » et impliquer davantage enseignants et enfants dans la rencontre sportive associative. »

Parcours complet. « L’enseignant qui s’implique à l’Usep avec sa classe ou son école le fait désormais dans le cadre d’un « parcours complet » ainsi construit : formation, possibilité de solliciter du prêt de matériel, accompagnement en moyens humains (mais limité à 1 à 2 fois) et participation à une rencontre sportive associative. Ce n’est pas « au choix », on ne pioche pas tel élément ou tel autre. Nos rencontres en partenariat avec des comités sportifs s’appuient obligatoirement sur des formations, auxquelles s’ajoutent les nôtres : maternelle, orientation, Savoir Rouler à Vélo… D’une année sur l’autre, nos animateurs se forment à de nouvelles disciplines et renforcent leur aptitude à organiser des rencontres en autonomie. »

Modèle économique. « En 2021-2022, nos ressources reposaient à 75 % sur des subventions1, à 15 % sur des prestations et à 8 % sur les affiliations. En deux ans, la part des subventions a été réduite de 10 points, au bénéfice des prestations payantes2. Sans s’écarter de notre mission première auprès des associations Usep, nous souhaitons renforcer cette tendance, sachant que sur les affiliations la marge de progression est très réduite puisque nous dégageons seulement une marge de 1 € par licence. »

Moyens humains. « À mes côtés, Jonathan Poulet, qui est enseignant, a hérité comme « conseiller technique Usep » du poste de mis à disposition à 50 % par l’Éducation nationale. Et, depuis la rentrée 2021, Adrien Sohet, enseignant en institut médico-éducatif, est mis à disposition sur un quart de temps. Cela reste insuffisant pour accueillir toutes les écoles qui souhaitent s’affilier, car nous souhaitons conserver le modèle du parcours complet de l’enseignant-animateur. La solution réside peut-être dans les aides à l’emploi de l’Agence nationale du sport et le recours à des apprentis3. »

Communication. « Nous avons fait de notre site internet une vitrine, tout en le rendant indispensable pour les enseignants, qui s’y inscrivent aux formations et rencontres et y ont accès à toutes nos ressources. Nous sommes également présents sur Twitter et nous alimentons notre page Facebook avec des photos et vidéos de nos actions. Il faudrait aussi être sur Instagram, car c’est là que sont les jeunes ! Nous ne négligeons pas non plus les textiles, banderoles et oriflammes logotypés qui participent à notre visibilité. Sinon, nous ouvrons nos formations aux non-usépiens et intervenons auprès des étudiants en formation à l’Inspé et dans la formation continue des directeurs d’école. »

(1) Dont 12 000 € via la convention pluriannuelle d’objectif (CPO) versée par le ministère de l’Éducation nationale et 4 320 € du Conseil départemental.

(2) Dispositif Vacances et colos apprenantes, opération Quartiers d’été et intervention dans les accueils collectifs de mineurs ; jury pour les diplômes professionnels encadrés par l’Ufolep ; stages J’apprends à nager et Savoir Rouler à Vélo pour des collectivités et interventions dans le cadre du dispositif Génération Vélo géré par la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB).

(3) L’Usep Aisne y a recours via le centre de formation Campus 2023.

 

Une hausse des effectifs favorisée par les Cités éducatives

En 2021-2022, l’Usep de l’Aisne fédérait 11 associations de secteur, 1 941 licenciés enfants (dont 303 maternelles), et 117 adultes. Les 36 rencontres départementales ont donné lieu à 4 204 journées enfants, auxquelles il faut ajouter la masse des rencontres de secteur. « Nous devions dépasser cette saison 2 400 licenciés pour 14 associations, au-dessus de nos effectifs d’avant-Covid (2019-2020), prévoit François Gilbert. Cette hausse se poursuivra l’an prochain avec la création de nouvelles associations dans les quartiers prioritaires des Cité éducatives. D’ores et déjà, nous sommes présents dans trois écoles à Soissons, dans une autre à Laon, et en pourparlers pour créer une grosse association de secteur à Saint-Quentin. » Le retour du siège du comité à Laon, la ville-préfecture, a par ailleurs contribué à resserrer les liens avec les partenaires institutionnels et les comités sportifs.