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Annulée au printemps, la Semaine du vélo initiée par l’Éducation nationale se déroule du 14 au 20 septembre en profitant de l’éclairage médiatique du Tour de France, exceptionnellement décalé lui aussi. Objectif affiché : mettre le focus sur l’apprentissage du vélo en milieu scolaire. C’est l’occasion de faire le point sur le Savoir Rouler à vélo, dont l’Usep est l’un des partenaires les plus actifs. S’il a été brutalement mis à l’arrêt par le confinement, ce dispositif bénéficie de l’engouement actuel autour du vélo et d’une forte volonté politique, souligne Virginie Jouve, chargée de mission au ministère des Sports1.

Virginie Jouve, près d’un an et demi après son lancement en avril 2019, le Savoir rouler à vélo a-t-il trouvé sa place ?

Il y a deux façons de répondre. L’outil, tel qu’il a été conçu et est disponible sur la plateforme, avec ses trois blocs pédagogiques et ses outils de communication, donne pleinement satisfaction. Ensuite, le dispositif n’a pas encore décollé. Mais la période qui s’ouvre est très favorable, avec le rapprochement opéré entre les ministères de l’Éducation nationale et des Sports, et l’intérêt accru que montrent aujourd’hui les collectivités locales. Par ailleurs, le nombre d’attestations délivrées à ce jour – un peu moins de 10 000 – par les différents partenaires habilités à encadrer des modules d’apprentissage2 est loin de refléter toutes les actions menées sur le terrain. Il y a plus de 10 000 enfants formés, c’est évident.

C’est le cas à l’Usep, où tous les enfants ayant appris à circuler en groupe sur la route dans le cadre du P’tit Tour ne se sont pas vu remettre l’attestation…

Clairement, quand un enfant participe à une étape du P’tit Tour Usep, c’est qu’il répond aux attentes pédagogiques du Savoir Rouler à vélo. En 2019, le P’tit Tour avait ainsi été un vecteur important du Savoir Rouler, et aurait sans doute pu l’être davantage encore en 2020 s’il avait pu se dérouler. Le confinement a mis à l’arrêt le programme. Mais, j’insiste, en même temps, le contexte actuel renforce le Savoir Rouler en mettant en évidence la nécessité de ses apprentissages. La pratique du vélo a pris ces derniers mois une tout autre dimension et l’on note une différence dans la manière dont nos interlocuteurs appréhendent le dispositif. Les choses sont vraiment en train de bouger.

Croyez-vous que, pour atteindre l’objectif de rendre tous les jeunes autonomes à vélo avant leur entrée au collège, il conviendrait d’intégrer le Savoir Rouler aux programmes de l’Éducation nationale ?

Difficile pour une agente du ministère des Sports de répondre à une question qui concerne l’Éducation nationale… En revanche, je crois à la complémentarité des apprentissages proposés dans le temps scolaire, périscolaire et extra-scolaire, comme le permet le Savoir Rouler. Oui, le temps scolaire est particulièrement important et peut amener beaucoup d’enfants à suivre cette formation, mais les temps périscolaire et extra-scolaire sont aussi très propices, le mercredi notamment. C’est pourquoi nous avons à cœur de mieux nous faire connaître des collectivités locales (communes, communautés de communes et d’agglomération), qui se montrent très réceptives depuis quelques mois et souhaitent déployer le Savoir Rouler.

Certains enseignants confondent le Savoir Rouler à vélo et l’APER, l’Attestation de première éducation à la route : pouvez-vous rappeler ce qui les rapproche et les distingue ?

L’APER, si elle est proposée à vélo, correspond aux deux premiers blocs d’apprentissage du Savoir Rouler à vélo. La plus-value du Savoir Rouler, c’est une sortie sur route effectuée en conditions réelles de circulation, et non plus en milieu sécurisé.

Quel est l’intérêt de faire coïncider cette Semaine du vélo avec les dernières étapes du Tour de France ?

C’est une formidable fenêtre médiatique, qui s’accompagne d’actions de promotion du Savoir Rouler à vélo menées dans une trentaine de villes de France, sur le parcours de l’épreuve, mais pas seulement. Cette Semaine du vélo 2020 profite aussi, plus largement, de l’engouement actuel pour le vélo et se combine avec une instruction interministérielle qui va arriver dans tous les services des ministères impliqués3 pour préciser le cadre territorial du déploiement du Savoir Rouler à vélo et engager les services de l’État à coordonner leurs efforts. Cela n’enlève rien à la dimension partenariale du projet, qui fait sa force, en associant des fédérations sportives et des associations partenaires, dont l’Usep. Des partenaires qui apportent leur pierre à l’édifice et répondent présent lorsqu’on les sollicite sur le terrain.

Propos recueillis par Philippe Brenot

(1) Ancienne triathlète de haut niveau, Virginie Jouve est chargée de mission au sein de la direction des sports et du bureau de la protection du public et des pratiquants, et chargée à ce titre du déploiement du Savoir Rouler à vélo.

(2) On soulignera que, sur les 9 849 attestations officiellement délivrées à la mi-septembre, 4 382 l’ont été par l’Usep, soit 44,5 % du total.

(3) Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, ministère chargé des Sports, ministère de l’Intérieur, ministère chargé des Transports.

  • Les comités Usep mobilisés. Dans les départements traversés par le Tour de France, et notamment dans les villes étapes, l’Usep a été sollicitée pour participer à des actions de promotion du Savoir Rouler. A titre d’exemple, dans les Pyrénées-Atlantiques, le délégué Julien Durcudoy anime avec le conseiller départemental EPS, mardi 15 septembre, des ateliers dans deux écoles : le matin à Pau et l’après-midi à Laruns, clin d’œil appuyé à la grande étape pyrénéenne du début du Tour de France.