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Dans la Somme, le comité de judo et son président Thierry Dambrine soutiennent l’opération nationale « À l’Usep, la maternelle entre en jeu ! » et d’autres rencontres de jeux d’opposition pour les enfants d’élémentaire. Une collaboration toute naturelle pour cet ancien éducateur sportif qui, à la fin des années 1980, organisait déjà des rencontres scolaires avec l’Usep.

Thierry Dambrine, quand vous avez proposé à l’Usep de la Somme le concours du comité de judo pour organiser des rencontres, vous n’étiez pas en terrain inconnu…

Non, je connais l’Usep depuis la fin des années 1980. J’étais alors éducateur sportif pour Amiens Métropole, tout en enseignant parallèlement le judo en club. Nous animions avec l’Usep des écoles des sport dans les établissements scolaires. Nous préparions et encadrions aussi avec les enseignants les manifestations Usep hors temps scolaire : hand, basket, foot, balle ovale, athlétisme, etc. Et, une fois par an, nous coorganisions un brevet multisport pour l’ensemble des élèves de cycle 3 des écoles amiénoises.

En quoi était-ce différent d’une pratique en club ?

Étant judoka, j’étais très sensible à cette approche où le sport est un moyen de construire un individu, un citoyen. La dimension compétitive était présente sur ces rencontres scolaires, mais cet aspect sportif n’était jamais prééminent : il y avait aussi la formation à l’arbitrage et chaque enfant, même moins doué, avait sa place dans l’équipe. À l’époque, c’était novateur. Les enfants découvraient aussi un large panel d’activités sportives, ce qui facilitait le passage vers la vie associative en club.

Pourquoi le comité de judo de la Somme, que vous présidez depuis six ans, est-il partenaire de l’opération À l’Usep, la maternelle entre en jeu ! ?

Nous souhaitions mieux faire connaître notre sport auprès des adultes non pratiquants, du sport adapté et de l’école. Via les contacts que j’avais conservé auprès de directeurs d’école, j’ai rencontré le délégué départemental de l’Usep, Vincent Théo, afin de voir comment travailler ensemble, en temps scolaire et hors temps scolaire, le mercredi et le samedi matin. Cela me semblait d’autant plus naturel que nous partageons les mêmes valeurs : le respect de l’autre et le fair-play figurent aussi dans le code moral du judo. Nous avons signé une convention avec l’Éducation nationale et l’Usep pour proposer des parcours menant des jeux d’opposition vers le judo. Or les jeux d’opposition sont l’activité support de l’opération maternelle1 de l’Usep… Et, en prolongement, nous avons organisé des rencontres pour les enfants de cycle 2 et cycle 3.

Quel intérêt le comité de judo y trouve-t-il ?

Ces rencontres scolaires sont l’occasion de travailler en proximité avec les clubs et de faire du maillage. Un cadre fédéral salarié est toujours présent et, selon le nombre d’enfants attendus, nous mettons à disposition d’autres animateurs, aux côtés des enseignants et des parents, avec qui des liens s’établissent.

Est-il facile de placer la frontière entre les rencontres Usep et les premiers apprentissages d’un sport codifié ?

Nous finalisons justement un document pédagogique « Des jeux d’opposition vers le judo », qui sera envoyé aux enseignants. Travailler avec l’Usep et les conseillers pédagogiques nous enrichit de ce qui se pratique à l’école, en maternelle et en élémentaire, et ce document est conçu pour être utilisé par tout enseignant, que ce soit dans le cadre de l’EPS ou d’une rencontre Usep. À l’inverse, la pratique du judo proprement dite exige un spécialiste, titulaire d’un brevet d’État. Si on veut identifier une frontière, elle se situerait du côté de nos actions hors temps scolaire, qui sont davantage tournées vers le judo.

Quel regard portez-vous sur l’Usep, pour avoir recroisé son chemin vingt ans après ?

L’Usep place l’individu, en l’occurrence l’enfant, au centre de l’activité. Son projet n’est pas l’apprentissage technique, sportif, mais de faire découvrir différentes pratiques et d’enseigner des savoir-être. Pour moi, c’est ça l’Usep.

(1) En 2019, l’Usep et le comité de judo ont coorganisé 17 rencontres maternelles qui ont concerné 1 273 enfants.