Depuis septembre, un éducateur Usep forme au Savoir Rouler à Vélo les classes de CM2 des 40 communes de l’agglomération niortaise. Le principe retenu, celui d’apprentissages concentrés sur une semaine, est plébiscité par les enseignants comme par les élus locaux.

Dans chaque département, un comité technique placé sous l’égide du préfet est chargé de déployer le Savoir Rouler à Vélo. C’est dans ce cadre que les communes de l’agglomération du Niortais1 ont découvert l’appui que l’Usep des Deux-Sèvres pouvait leur apporter en la matière. « Notre collaboration s’est nouée via la compétence mobilité, et plus précisément le schéma directeur cyclable, précise le directeur départemental Usep, Antoine Passeron. Le SRAV forme en effet les enfants qui, demain, emprunteront les pistes cyclables et circuleront à vélo. »

Financé par l’agglo, gratuit pour les écoles

L’agglomération finance d’autant plus volontiers les interventions de l’éducateur Usep dans les 75 classes de CM2 du territoire que la moitié de la facture est prise en charge par le dispositif Génération Vélo. De son côté, l’Usep contacte les écoles et les enseignants – pour qui cela reste un engagement volontaire –, en expliquant qu’il n’y aura rien à débourser.

Ce qui séduit élus et enseignants, c’est aussi le format de ces « stages massés » sur une semaine où le professeur des écoles ne se contente pas d’épauler l’éducateur Usep sur les temps d’apprentissage en classe entière, mais axe tous les enseignements autour de la thématique vélo : histoire de la bicyclette, géographie de la commune et du quartier, code de la route, débat sur la mobilité… Ceci jusqu’à la sortie du vendredi et la remise de l’attestation du Savoir Rouler, si possible en présence d’élus et de parents pour lui donner davantage de relief.

Une semaine vélo-vélo

Les interventions s’adaptent aussi au profil des classes et vont de 6 à 24 heures selon que les enfants sont plus ou moins débrouillés, voire ont déjà participé au P’tit Tour Usep. À Arçais, commune rurale située en bordure du marais poitevin, c’est le niveau 2, celui de ceux qui « savent pédaler mais guère plus », qui a été retenu. « Le lundi, j’ai donc animé seule la première séance, en m’appuyant sur les ressources Usep », explique Séverine Gréau, la directrice de l’école en charge des CM1-CM2. L’éducateur Usep, Jean-Baptiste Michardière, a pris les choses en main à partir du mardi, avec sa participation active.

« Sur une semaine, les enfants baignent dans cet apprentissage du vélo, y compris sur les temps où nous faisons du français, des maths et de la géographie à partir de ce fil rouge, et cela fait sens d’appliquer sur route le vendredi ce qui a été appris les jours précédents dans la cour d’école, insiste l’enseignante. Nous avons même fait le lien avec notre projet de classe, qui consiste à aider un agriculteur à planter une haie d’arbres. Les enfants ont validé leur attestation lors de cet éco-déplacement de 18 km aller-retour ! »

Dynamique relancée

Séverine Gréau se réjouit également d’avoir pu relancer une dynamique vélo que le Covid avait interrompu. « Dans la foulée du stage, qui s’est déroulé fin janvier, j’ai convaincu plusieurs parents de s’inscrire aux formations d’accompagnateurs. Cela nous permettra de nous rendre plus facilement sur les rencontres Usep que j’organise avec mon collègue de Saint-Hilaire-la-Palud, à 5 km ! »

Quelques temps après, une élève a aussi confié à la maîtresse : « Ça y est, maman me fait confiance et me permets d’aller chercher le pain à vélo. » D’autres prennent le leur pour se rendre à l’école. Et si, vu les 20 km qui les en séparent, ils n’iront pas l’an prochain au collège en pédalant, au moins sont-ils aptes à s’aventurer sur les routes quand ça leur chante.

(1) Niort Agglo fédère 40 communes réunissant 121 000 habitants, dont la moitié pour la ville-préfecture.

 

Reconduit à la rentrée

Lors de cette première année, trois classes de CM2 sur quatre se sont engagées dans le projet, déjà reconduit pour 2024-2025 avec cette fois l’objectif de 100 % de classes participantes. Pour Niort Agglomération, cela représente un investissement de 90 000 € pour 1 800 enfants, à diviser par deux puisque la moitié est remboursée par Génération Vélo. À la rentrée de septembre, les communautés de communes du Thouarsais et de Parthenay-Gâtine s’engageront à leur tour dans le projet, tandis que celle du Mellois-en-Poitou le testera sur plusieurs écoles.