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Des centaines d’écoliers réunis au stade Alain-Mimoun, une foule de collégiens rassemblée à la halle Georges-Carpentier : chacune de leur côté, l’Usep et l’UNSS ont porté haut la flamme du premier et du second degré à Paris, avant la prise de parole d’Amélie Oudéa-Castéra et Pap Ndiaye pour leur baptême ministériel de la Journée nationale du sport scolaire.

Même le beau temps était de la partie : dès 9 heures, ce mercredi 21 septembre, un agréable soleil de fin d’été irradiait le stade Mimoun (12e arrondissement), investi par les éducateurs de l’Usep Paris pour la Journée du sport scolaire 2022.  Sur le terrain synthétique, après un échauffement au saut en hauteur, les groupes d’enfants ont pu s’initier au kin-ball, apprendre à lancer un vortex, conduire du pied un ballon de football et découvrir le « volcage », jeu de frisbee qui marie l’ultimate et le disc-golf.

Ce savant dosage entre disciplines traditionnelles et pratiques innovantes se retrouvait sur les terrains voisins et dans le gymnase adjacent : tennis et tennis de table, skateboard, cyclisme, basket, judo, hand, escrime, judo, savate, molkky… Les enfants ont aussi éprouvé ce qu’est le handicap aux ateliers basket-fauteuil et sarbacane, où ils ont notamment appris à viser avec des lunettes reproduisant des troubles visuels. Entre les classes du temps scolaire du matin et les associations du périscolaire l’après-midi, plus de 500 écoliers ont ainsi profité de cette palette d’activités, représentative du catalogue Usep.

Le conseiller ministériel dans un fauteuil

Arrivé pour 14 heures, Luc Pham, conseiller du ministre de l’Éducation nationale, n’a pas pu expérimenter toutes ces pratiques durant sa visite. Mais il s’est beaucoup intéressé au basket-fauteuil, et même pris au jeu en faisant équipe avec le délégué Usep de Paris, Frédéric Laferrière, et une chargée de mission de la direction nationale. En face, une redoutable triplette associant un vice-président de la Ligue de l’enseignement1, le directeur national et la présidente de l’Usep, qui n’a pas perdu ses réflexes de basketteuse amateure. Score final : 2 paniers à 1, on ne dira pas pour qui.

Luc Pham connaissait déjà l’Usep pour avoir été de mai 2018 à juin dernier directeur académique des services de l’Éducation nationale « dans les Landes puis les Yvelines, deux départements où l’Usep est très active ». Il a également conservé des souvenirs de ses débuts d’instituteur dans les Yvelines, en particulier « d’un cross départemental Usep à Carrières-sur-Seine ». Désormais conseiller de Pap Ndiaye en charge des valeurs de la République et des grands enjeux de société – « c’est-à-dire le sport et le développement durable » –, il n’ignore pas non plus qu’au-delà de l’enjeu de santé publique de « l’Héritage de Paris 2024 », l’Usep ne dissocie pas son engagement sportif de l’éducation à la citoyenneté et au développement durable.

L’effervescence des grands après-midis à la halle Carpentier

Comme Frédéric Laferrière a tenu à le préciser à Luc Pham, si cette année à Paris l’Usep et l’UNSS ont renoncé à faire stade commun comme les années précédentes, c’est uniquement pour des « raisons d’organisation » liées au double public – temps scolaire le matin puis hors temps scolaire l’après-midi – de l’Usep. Aucun divorce dans l’air, la passerelle CM2-6e n’est pas menacée. D’ailleurs, et c’est bien pratique, le stade Mimoun et la halle Carpentier (13e) ne sont distants que de quelques arrêts de tramway.

Au-delà du panel d’activités et de l’âge des jeunes licenciés, la principale différence entre les deux sites résidait dans l’effervescence qui accompagne la visite conjointe des ministres de l’Éducation nationale et des Sports. Dès leur descente de voiture, ça joue des coudes entre photographes et cameramen afin de faire la meilleure image. Les personnalités et représentants des fédérations – Tony Estanguet pour Paris 2024, Marie-Amélie Le Fur pour le Comité paralympique et sportif français, Pierre Rabadan pour la mairie de Paris, Véronique Moreira pour l’Usep… – doivent à la fois savoir se montrer puis discrètement s’effacer après avoir salué les ministres au nom de l’institution qu’ils représentent.

Pour ceux-ci et leur traîne d’accompagnateurs, cette visite est à sa façon un atelier sportif à part entière, à ceci près qu’il est itinérant. C’était en outre pour Pap Ndiaye et Amélie Oudéa-Castéra leur baptême de la Journée nationale du sport scolaire, même s’ils sont déjà rodés à cet exercice physique de la visite ministérielle, toujours prolongé d’un atelier d’expression orale, au pupitre puis devant les micros tendus.

« Êtes-vous content d’être là ? » fut la première question de la journaliste dépêchée par RMC Sports. Sans surprise, ce fut un grand « oui », même si dans le brouhaha on a moins bien saisi la fin de la réponse. Mais les visages de Pap Ndiaye et Amélie Oudéa-Castéra disaient la même chose que ceux des écoliers du centre sportif Mimoun et des collégiens réunis à Carpentier : même avec quelques contraintes protocolaires, c’est bien sympa de se retrouver au stade pour y fêter le sport scolaire par un mercredi ensoleillé de septembre.

(1) Étienne Butzbach, en charge de l’éducation et du numérique. La chargée de mission de la direction nationale Usep évoluant aux côtés de Luc Pham était Eugénie Colasse.

 

Amélie Oudéa-Castéra : « le sport scolaire comme trait d’union »

« Ce qui nous rassemble ici, c’est à la fois un problème à résoudre, une opportunité et un élan inédit. Le problème, c’est la condition physique de nos jeunes qui a considérablement régressé, inversement à la prégnance des écrans, avec pour enjeu de faire pénétrer le sport au cœur de leur vie et de leur faire comprendre que celui-ci est plaisant et amusant, bon pour leur santé, et un outil unique d’émancipation. L’opportunité, ce sont les Jeux olympiques et paralympiques. Et l’élan sans précédent, c’est celui donné dans les écoles à l’éducation physique et au sport, avec le concours de tous les acteurs réunis ici : les 30 minutes d’activité physique quotidienne, l’EPS, pilier fondamental, le sport en club et le sport scolaire, trait d’union entre ces espaces. Le sport scolaire est en effet à la fois continuation de l’école, dont il porte les valeurs de citoyenneté, et un sas qui précède souvent la pratique en club, où l’engagement dans la compétition dépasse l’EPS et donne envie de s’accrocher dans la discipline qu’on a choisie. Mon ambition est d’aligner les énergies et de loger le sport scolaire au cœur du modèle éducatif et sportif français. » (Propos synthétisés à partir de notes)

 

Pap Ndiaye : « 30 minutes quotidiennes contre la sédentarité »

Le ministre de l’Éducation nationale a mis en avant le rôle de l’activité physique pour « une école engagée au service du bien-être, de la santé et de l’épanouissement de ses élèves ». Pap Ndiaye a particulièrement insisté sur l’enjeu de la généralisation des 30 minutes d’activité physique quotidienne dans la lutte contre la sédentarité, partagé avec le sport scolaire afin de faire éprouver « le plaisir activité physique » et de donner « le goût du sport » pour amener les élèves à pratiquer au-delà du temps de l’école. Rebondissant sur le thème d’année de la JNSS, il s’est félicité de cette occasion de « montrer comment le sport peut contribuer à l’inclusion de tous les enfants, et être adapté », avant de conclure : « Vive le sport, scolaire, et je ne dis pas seulement ça en tant que ministre, mais aussi en tant qu’ancien licencié de l’UNSS et pratiquant passionné et avide de sport scolaire. »