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Tirés au sort parmi les 230 classes ayant terminé cet automne la course virtuelle Usep de la Transat Jacques-Vabre, les CM2 de l’école Jacques-Yves Cousteau de Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine) ont reçu une dotation financière de 5 000 € de la part de la Fédération française de voile pour découvrir les joies de la navigation. Un passage au réel riche en émotions et en apprentissages, effectué à 20 km de chez eux, sur la base nautique de Bain-de-Bretagne. « Naviguer pour de vrai, c’est quand même autre chose » explique en leur nom leur enseignant, qui compte renouveler l’expérience.

Gilles Baptiste, qu’est-ce qui motive un professeur des écoles à engager sa classe dans la course au large virtuelle de l’Usep ? Des affinités avec la voile ?

Pas particulièrement. Mais, il y a quatre ans, une collègue m’a convaincu de participer à la course virtuelle de la Route du Rhum. J’avais trouvé l’expérience intéressante et, en 2020, je l’ai renouvelée pour le Vendée Globe. L’épreuve étant plus longue, nous avions eu le temps de nous impliquer avec mes élèves. Alors, cette année j’ai inscrit la classe à la Transat Jacques-Vabre. L’un des aspects les plus intéressants est que les enfants font partager à leurs parents la vie de classe. Ils en discutent avec eux à la maison en suivant la course dans les médias. Certains inscrivent leur propre bateau, dont nous suivons aussi la progression au point météo du matin. Ce côté ludique et l’émulation de la course, renforcée par le fait qu’à l’école nous étions trois classes engagées, facilite ensuite le lien qu’un enseignant peut établir avec les apprentissages en maths, français, histoire-géo…

Et comment s’est passé le passage au réel ?

Très bien ! Guilhem, le moniteur, est venu il y a 3 semaines à l’école avec un Optimist en remorque pour montrer aux enfants le bateau sur lequel ils allaient naviguer et comment hisser la voile, enfiler un gilet de sauvetage… Puis, la veille du jour J, nous avons commencé à remplir notre carnet de bord en rappelant les consignes de sécurité, la tenue pour naviguer. Puis, au fil de la semaine, nous avons intégré les notions travaillées. Dès la première journée, nous avons eu beaucoup de vent et les enfants ont hissé la grand-voile. Les sensations étaient au rendez-vous !

Avec un peu d’appréhension pour certains ?

C’est bien naturel. « Je veux rentrer », disaient certains au début. Mais, une fois sur l’eau, on ne redescend pas du bateau en cliquant des doigts ou sur sa souris d’ordinateur ! On prend un peu sur soi, et pour finir il y a la fierté d’être allé au bout de ce qu’on a commencé. À deux, il y en toujours un qui rassure l’autre, et avec le moniteur nous n’étions jamais loin. Et tous sont d’accord : naviguer pour de vrai, c’est autre chose que le virtuel ! Là, ils le vivent.

Quels seront les prolongements ?

Continuer à remplir notre livret en classe et, fort de cette expérience pratique, mettre des mots sur la navigation. Sur Virtual Regatta, d’un clic on oriente le bateau comme on veut. Là, être face au vent, on comprend tout de suite ce que cela signifie. Nos futurs exercices de maths sur les vitesses auront le goût du réel.

Sans la dotation financière, auriez-vous quand même organisé un séjour de voile ?

Clairement, non1. Mais je le referai, même sans ! Nous devrions pouvoir financer ça. Probablement une année sur deux, en alternance avec un projet équitation. Et je m’y prendrai à l’avance pour organiser un séjour à la mer avec hébergement. Quand j’ai contacté les centres nautiques dès l’annonce de la bonne nouvelle du tirage au sort, avant Noël, tous étaient déjà complets car les séjours sont ficelés très à l’avance. Ici, à Bain-de-Bretagne, ils ont même commencé la saison une semaine plus tôt pour nous accueillir. Et ça valait la peine de faire chaque jour les 20 km en car.

Et fin mars, il ne fait pas trop froid sur l’eau ?

Le matin c’est un peu frais. Mais on a eu de la chance. Ce furent trois journées de grand soleil.

(1) La dotation a notamment servi à financer les repas végétariens du midi, confectionnés par une micro-entreprise de Corps-Nuds et support de temps d’éducation à l’alimentation.

 

L’Usep, la FFVoile et l’Éducation nationale mènent les enfants en bateau

La remise symbolique d’un chèque à la classe de CM2 de l’école Cousteau s’est déroulée vendredi 25 mars sur la base nautique de Bain-de-Bretagne, avant que les enfants rembarquent pour leur ultime séance de navigation. La dotation de 5 000 € accordée par la FFVoile a servi à financer le transport, la restauration et la pratique. Laurent Muguet, élu national Usep, Pierre Le Boucher, vice-président de la Fédération française de voile, et Luc Leblanc, IA-IPR (inspecteur d’académie-inspecteur pédagogique régional) en EPS, ont réaffirmé l’importance que leurs trois institutions accordent à un partenariat qui se traduira cet automne par un séminaire Usep-FFVoile consacré notamment à la définition d’une rencontre Usep voile. Le maire de Bain-de-Bretagne, le sociologue du sport Dominique Bodin, a également pris la parole, en présence du délégué Usep d’Ille-et-Vilaine, Clément Venet, ainsi que de la conseillère pédagogique de circonscription et de l’inspectrice de l’Éducation nationale de la circonscription de Châteaubourg. Et tout le monde s’est donné rendez-vous virtuel le 6 novembre à 13 heures pour le départ de la Route du rhum depuis Saint-Malo, destination Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.