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Porte-drapeau de l’équipe de France aux Jeux de Tokyo, la judoka Clarisse Agbégnénou rêve de décrocher l’or olympique dans sa catégorie des moins de 63 kg. Mais qui est cette jeune femme souriante au palmarès déjà bien garni ? Une ex-enfant turbulente pour qui le judo fut d’abord un jeu, nous raconte la biographie pour la jeunesse parue aux éditions Rageot.

« Votre fille est une combattante ! » L’expression a tout du lieu commun quand elle s’applique à une championne de judo, mais revêt un tout autre sens dans la bouche d’un chirurgien qui vient d’opérer une grande prématurée et la regarde ouvrir les yeux après plusieurs jours passés dans le coma. Pour Clarisse Agbégnénou, née il y a 28 ans à Rennes, la vie est deux fois une chance. C’est sans doute ce qui lui procure un tel mental sur les tatamis.

S’il est des biographies pour la jeunesse où l’on s’ennuie, ce n’est pas le cas de celle de Clarisse Agbégnénou. Après cette entrée en matière dramatique, la jeune femme se souvient d’un ton alerte de ses premières passions pour les activités physiques : la danse classique et ses tutus, pour laquelle elle n’est pas suffisamment souple, le modern jazz et le hip hop, qui conviennent mieux à son goût de l’improvisation, puis le multisport à l’école avec son frère jumeau, Adrien.

Sans être insolente, l’enfant est turbulente, ce qui en CE2 lui vaut une convocation chez la directrice. C’est avant la révélation du judo, cette discipline faite pour canaliser les enfants à l’énergie débordante. Viennent les premières compétitions. Plus Clarisse gagne de combats, plus elle y prend de plaisir, sans être trop déçue quand elle perd. Même les cris de singe lancés un jour depuis les tribunes vers le podium ne peuvent gâcher son bonheur d’être montée sur la plus haute marche. Elle y puise seulement une motivation supplémentaire.

On suit la jeune fille du club d’Asnières à celui d’Argenteuil (Hauts-de-Seine) en passant par la section sport-études du pôle France d’Orléans. Car Clarisse est décidée : elle aime tellement le judo qu’elle veut en faire son métier. Ses parents ont l’intelligence de lui en laisser l’opportunité. Mais c’est dur de s’éloigner des siens à 15 ans et de se plier à un emploi du temps où, entre les cours, les entraînements et les compétitions de fin de semaine, il n’y a plus la place pour grand-chose d’autre. Lassé d’échanger avec elle par texto, son petit copain finit par la quitter.

Mais un jour de 2014, après un premier titre européen elle devient championne du monde, exactement comme elle l’avait dit en fanfaronnant des années plus tôt à ses copines du judo. Elle l’est même devenue cinq fois, en attendant le titre olympique qu’elle guigne depuis la médaille d’argent obtenue à Rio en 2016. « Si vous voulez quelque chose dans votre vie et au plus profond de vous, faites en sorte d’aller le chercher, de travailler, pour ne jamais avoir de regret » : c’est signé Clarisse Agbégnénou en 4e de couverture. Cela fait cliché, mais quand on connaît son histoire, on se dit que c’est un très bon résumé.

Combattre pour être soi, Clarisse Agbégnénou (avec Sophie Nanteuil), illustrations d’Oriol Vidal, Rageot, 160 pages, 10,90 €.