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L’étape de communication nationale du P’tit Tour 2021 a rassemblé vendredi 11 juin à Poitiers 175 enfants venus de trois écoles. Le matin, ils ont rallié le vélodrome et participé à des ateliers avec un groupe de collégiens, avant d’être escortés l’après-midi par les motards de la police jusqu’au rectorat. Cette étape de prestige était en effet couplée à l’arrivée d’un Tour académique du patrimoine à vélo commun aux Deux-Sèvres, à la Charente, la Charente-Maritime et la Vienne. Et quand l’Usep et l’Éducation nationale font équipe, la fête est belle et l’apprentissage du vélo à l’école avance à une allure de routier-sprinter !

9 h, top départ. Comme chaque cortège part de son école, il faut choisir lequel on accompagne jusqu’au rendez-vous fixé au vélodrome de Poitiers. Va pour celui des élèves de cours moyen de Montamisé, qui attendent le départ dans la lumière du matin. « Quand est-ce qu’on bouge d’ici », marmonne Quentin pendant le rappel des consignes, suffisamment bas pour ne pas se faire remarquer de la directrice, grande ordonnatrice d’une équipée préparée depuis des semaines. Bientôt exaucé, il rentre dans le rang, ou plus précisément la file indienne dont l’avant-garde serpente déjà dans les rues du village.

9 h 15, sur la route. « C’est beau, tous ces gilets jaunes », lâche Lucas, poète anonyme au cœur du peloton. En expression écrite, il décrirait avec des mots choisis le ruban qu’il contribue lui aussi à dérouler dans la campagne. En général, confient ses voisines, on fait du vélo « en forêt le week-end avec les parents » ou « toute seule dans la rue ». « Oui, on ne fait pas ça tous les jours : on est nombreux, tous en jaune, avec les copains, les copines et les maîtresses. Ça change du quotidien ! » renchérit Camille. Boubacar, qui de son propre aveu aime à se trouver au centre de l’attention, ajoute qu’il « adore quand les automobilistes klaxonnent à notre passage ». Ce qui n’est pas le cas du m’as-tu-vu en décapotable que les enfants invitent gentiment à ralentir.

9 h 40, arrivée au vélodrome. « Je ne pensais pas qu’on irait si vite. On voit déjà le centre-ville ! » remarque Baptiste, presque déçu. Mené par une maîtresse-métronome, le peloton a passé sans perdre de temps ronds-points et carrefours, et gardé la même allure en croisant cet imposant poids lourd venant en sens inverse. La banderole Usep accrochée à la grille du vélodrome confirme que l’on est arrivé, en avance sur l’horaire : 8 km passés comme dans un rêve. En revanche, problème de dérailleur et saignement de nez, les CE2 de Poitiers-Saint-Exupéry ont du retard. Idem pour les CM1-CM2 de Savigny-Lévescault, qui avaient un long chemin et que voici, pile en même temps que leurs cadets. « D’où ils arrivent ceux-là ? », s’inquiète, craignant d’avoir été pris en défaut, l’un des motards chargés d’ouvrir la voie pour les plus jeunes. Tout va bien, le rassure son collègue.

10 h 50, atelier carte. Le temps qu’ils reprennent leur souffle, les enfants de Montamisé ont débuté les ateliers. Les uns font cercle autour de la carte de France où l’animatrice teste leurs connaissances géographiques en listant avec eux les départements participant au P’tit Tour. Bien que beaucoup de comités aient repoussé leurs étapes à la seconde quinzaine de juin, on recense déjà 1 250 enfants dans l’Indre, et 2 045 en Bretagne. Ilan, lui, identifie sans mal ce département du Grand Est dont la première lettre est un V et le nom celui d’un massif montagneux. Et tous trouvent que les Usépiens du Loir-et-Cher ont bien de la chance de se donner rendez-vous au château de Chambord.

11 h 30, atelier piste. Il y a aussi « développement durable » et « maniabilité », mais l’atelier le plus convoité est celui animé sur la piste du vélodrome par l’éducateur sportif du Grand Poitiers, Éric Samoyeault. Les enfants ne se font pas prier pour accélérer chacun leur tour dans les lignes droites. Ils révisent aussi ce qu’ils ont appris : tenir l’allure, respecter les distances et progresser en duo en se tenant l’épaule. « On l’a déjà fait dans la cour de l’école, les loulous », les encourage Sophie Brun, la maîtresse. C’est parfaitement coordonné, comme un défilé du 14 juillet. Dernier exercice : une fois lancé, ne plus donner un seul coup de pédale et rester le plus longtemps possible en équilibre en s’aidant de petits coups de guidon. À ce jeu, Melvin et Maeva se classent premiers ex-aequo.

13 h, vive la maréchaussée ! Pique-nique avalé, corps reposés et rafraîchis, le peloton au complet s’élance en direction du rectorat. En chemin, les petits de CE2 mettent le clignotant vers leur école. Les autres continuent dans une atmosphère de fête sur la « pénétrante » aux allures de boulevard périphérique qui mène au centre-ville. Sous la protection des motards évidemment, ce qui vaut à ces derniers un chaleureux et spontané : « Et pour la police, hip hip hip, hourra ! »

13 h 30, temps protocolaire. Le Tour de France possède sa caravane et ses podiums, le P’tit Tour son temps protocolaire. La rectrice, Bénédicte Robert, l’ouvre au double titre d’hôtesse des lieux et promotrice du Tour académique du Patrimoine à vélo qui, un mois durant, a traversé les quatre départements des Deux-Sèvres, de la Charente, de la Charente-Maritime et de la Vienne. Ceci en lien avec le P’tit Tour Usep, auquel son initiative a donné une tonalité plus culturelle que d’habitude. La rectrice cède ensuite le micro à la présidente de l’Usep, Véronique Moreira : toutes deux ont effectué la fin de l’étape à vélo, discrètement calées en fin de peloton. L’art de montrer l’exemple sans tirer la couverture à soi, et en évitant les discours longuets !

 

14 h, ateliers. Encore des ateliers ? Oui, mais culturels : percussions corporelles, exposition Paris 2024 et Usep-Jeux de Tokyo et visite du rectorat, installé dans une ancienne abbaye. Dehors, l’orage a éclaté, mais tout le monde est à l’abri. La conférencière découvre aux enfants les fresques découvertes sur le mur qui séparait autrefois l’église des lieux de vie des moines. Puis la rectrice les accueille dans son propre bureau pour une photo souvenir supplémentaire et une distribution de cookies : 5 étoiles sur Trip Advisor !

15 h, chorale et banderole. Quelle meilleure façon de marier sport et culture qu’une chanson qui proclame : J’vais partout avec mon vélo ? Un vélo comme ceux que chaque classe a décoré de banderoles exprimant le sentiment des enfants sur les mobilités actives : « Être autonome en vélo, c’est se déplacer en toute liberté », estime par exemple les écoliers de Savigny-Lévescault. Comme quoi, à l’écrit comme à l’oral, les enfants disent la même chose.

15 h 30, un diplôme mérité. Avec toutes ces festivités, n’oublions l’objectif du P’tit Tour : apprendre à circuler à vélo en toute sécurité, aptitude reconnue par l’attestation du Savoir Rouler à Vélo, et tout particulièrement le troisième bloc d’apprentissage. Et aucune discussion possible : aujourd’hui tout le monde l’a amplement méritée !

15 h 45, le chemin du retour. Les motards sont en position, l’heure du départ a sonné. On est bien au rectorat de Poitiers, mais on ne va quand même pas y dormir. Certains parents attendent leur progéniture au vélodrome, et les enfants ne boudent pas leur plaisir de défiler devant eux. Une passante éberluée demande : « Mais qu’est-ce que c’est que cette manifestation ? » C’est le P’tit Tour qui passe, madame, et vous n’avez pas fini d’en entendre parler.