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En Bretagne, la journée olympique 2020 a vu l’aboutissement d’une e-rencontre ouverte depuis le 2 juin aux écoles publiques des quatre départements de la région. Les performances sportives des 3 800 enfants engagés ont été matérialisées par le parcours de la flamme olympique et 8 classes Usep ont participé à un débat associatif par visioconférence, explique le délégué régional Usep.

Laurent Muguet, vous avez finalisé ce 23 juin une e-rencontre commune à tous les comités de Bretagne : pourquoi cette dimension régionale ?

C’était une façon de fédérer, dans un contexte variable d’un département à l’autre. Pendant le confinement, le délégué d’Ille-et-Vilaine est resté en activité et a pu organiser des e-rencontres, ce qui n’était pas le cas de tous1. Travailler ensemble nous a permis d’offrir des contenus de qualité pour tous les enfants, de la maternelle au CM2, en nous appuyant sur l’expérience de l’Ille-et-Vilaine et en s’inspirant d’exercices proposés dans d’autres régions. Ce fonctionnement régional a permis de se répartir les tâches, notamment pour la création d’un padlet.

L’e-rencontre était proposée sur trois semaines…

Nous souhaitions donner du temps aux associations et aux enseignants, car pour la plupart c’était une première. Il fallait également faire simple, au regard des contraintes du protocole sanitaire, qui n’a été assoupli que lundi ! En outre, les défis devaient s’adresser au plus grand nombre et pouvoir être réalisés à la fois à l’école et dans les familles.

En quoi cette e-rencontre bretonne a-t-elle consisté ?

Les quatre ateliers d’activités physiques reprenaient des situations issues du document Anim’Athlé, support de l’opération nationale À l’Usep, l’athlé ça se VIE ! Les enfants de cycle 3 (CM1-CM2) devaient notamment courir sur un parcours de 50 m durant 12 minutes. Toutes les performances ont été comptabilisées et réunies dans un défi collectif : engranger le plus de points qui, transformés en kilomètres, faisaient se déplacer la flamme olympique sur un trajet Olympie-Tokyo-Paris, finalement rallongé d’un aller-retour pour Los Angeles, les inscriptions des classes (178 au total) et les performances des 3 800 enfants mobilisés ayant dépassé nos prévisions ! S’y ajoutaient des productions artistiques reprenant les symboles olympiques et réalisées à partir de matériaux de récupération. Enfin, les élèves de cycle 3 ont travaillé sur le Manifeste des enfants de l’Usep.

C’est ce qui a donné lieu à l’assemblée d’enfants de ce mardi 23 juin…

En effet : 8 classes se sont retrouvées en visioconférence durant deux heures, soit 2 par département2. Il se trouve que toutes étaient labellisées Génération 2024. Pour chaque association, un binôme fille-garçon a présenté en 10 minutes, temps d’échange compris, le défi citoyen inspiré du Manifeste des enfants qu’elle mettra en œuvre l’an prochain. Par exemple : « Avoir toujours des jeux adaptés pour que les enfants en situation de handicap puissent participer » ; « Créer un logo, trouver un slogan et choisir une mascotte pour l’association » ; « Mettre en place une brigade écocitoyenne identifiable lors des rencontres » ; ou bien encore, « Organiser des rencontres avec les maisons de retraite afin de faire rigoler les personnes âgées ». Il y a eu un ou deux petits soucis techniques, et une classe nous a rejoint par téléphone seulement. Mais la plupart étaient équipées d’un TBI, un tableau blanc interactif. Malgré tout, c’était un peu long, et il faudra sans doute revoir le format. Mais l’expérience a plu.

C’était aussi une façon de se projeter sur la prochaine saison…

Oui, et ceci d’autant plus que la e-rencontre a touché des classes et des écoles non adhérentes de l’Usep, mais qui pourraient le devenir… L’objectif était aussi de recréer du lien avec nos associations les plus fidèles. Dans le Morbihan par exemple, nous avons arrêté nos activités dès le 2 mars et annulé 120 rencontres, dont les très populaires bals bretons3. Pour les enseignants, c’était aussi une « bouffée d’air ». C’est ce qu’ils nous ont dit, en expliquant aussi que cela les avait motivés pour programmer de l’EPS, alors que ce n’était pas forcément une priorité, compte tenu notamment des contraintes liées au protocole sanitaire.

Pensez-vous faire davantage appel aux ressources numériques à l’avenir ?

Nous avons tous été obligés d’évoluer. Dans chaque département, comme au niveau régional, demain davantage de choses pourront se faire en distanciel. Il est possible de monter des projets ensemble en s’épargnant des déplacements. Les outils numériques permettent également de toucher un grand nombre d’associations, notamment lors d’événements comme la Journée du sport scolaire. Tout cela reste à construire.

(1) Le Morbihan a proposé des défis-maison, tandis que les délégués des Côtes-d’Armor et du Finistère étaient en chômage partiel.

(2) Il s’agissait de CE2 et CM1 de Bourg-Blanc (Finistère), de CM1-CM2 de Plélo (Côtes-d’Armor), de CM1 et CM1-CM2 de Quéven et Pluneret (Morbihan) et de CM1-CM2 de Chavagne et Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine).

(3) Dans ce contexte, le comité du Morbihan a perdu cette saison 10 associations et 2500 adhérents (il réunit à ce jour 79 associations et 9900 adhérents).