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​Éric Hoinville, 38 ans, a découvert l’Usep en accompagnant son fils sur des rencontres scolaires. Investi au sein de l’association de l’école Gabriel-Péri de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), il assume depuis la rentrée la présidence du secteur Nord-Alpilles. Son ambition : mieux communiquer auprès des parents d’élèves et attirer de nouveaux enseignants avec leur classe.

Éric Hoinville, il est rare qu’un parent d’élève préside un secteur Usep : que pensez-vous pouvoir apporter ?

Ma vision de parent, moins focalisé sur les compétences de l’élève qu’un enseignant mais très attaché à l’épanouissement des enfants et à la sociabilité du sport scolaire : c’est ce qui caractérise la pratique Usep telle que je l’ai découverte quand mon fils, Cylian, est entré en CP. Je veux aussi mieux informer les parents sur les rencontres auxquelles participent leurs enfants, par exemple avec une newsletter biannuelle. Il y a un vrai déficit sur ce plan : souvent, il n’y a pas même un mot dans leur cahier ! Cela permettrait de justifier une adhésion qui, même peu élevée, rebute certains parents. Et cela les inciterait à apporter leur aide bénévole.

Vous-même, qu’est-ce qui vous a décidé à vous engager à l’Usep ?

Je considère le sport comme important pour les enfants, et il m’est apparu comme un juste retour des choses d’apporter mon aide à des enseignants qui donnent beaucoup d’eux-mêmes.

Votre rôle est aussi d’aller à la rencontre des enseignants…

Ma mission est de convaincre les écoles qui ne sont pas adhérentes de s’affilier. J’observe aussi que tout repose souvent sur les mêmes, et je crois que beaucoup de professeurs des écoles surestiment l’investissement-temps que représente la préparation d’une rencontre. Ils ignorent aussi qu’ils peuvent s’appuyer sur des outils. Or si davantage d’écoles et de classes rejoignent l’Usep, cela permettra d’étoffer le calendrier de rencontres !

À combien de rencontres les enfants du secteur Usep Nord-Alpilles1 participent-ils en moyenne ?

Trois, quatre, cinq… Il y a des randonnées à vélo, de la course d’orientation, de l’athlétisme, un bal et différentes rencontres inter-écoles. Certaines proposent un format très intéressant : des CM1-CM2 préparent avec leurs enseignants des ateliers qu’ils animent auprès des CP-CE1, en les accompagnent d’un exercice à l’autre. Je trouve ça très bien !

Comment définiriez-vous le sport pratiqué à l’Usep ?

C’est le plaisir de pratiquer, en jouant sur le côté ludique et en favorisant la cohésion entre enfants. Même dans activités individuelles comme l’athlétisme, où un système de bouchons à récolter permet de fondre la performance de chacun dans celle de l’équipe. Ce qui me plait, c’est aussi que les enfants ne sont jamais à se critiquer entre eux comme cela peut arriver en club. Le niveau sportif varie beaucoup d’un enfant à l’autre, mais tout le monde avance ensemble.

Que retenez du stage régional auquel vous avez participé à la rentrée dernière ?

Je me sens plus apte à épauler les enseignants dans l’organisation d’une rencontre et à gérer un atelier de A à Z. J’ai également appris des techniques que je pense réinvestir dans mon univers professionnel, en particulier pour l’expression des ressentis : ingénieur dans les énergies renouvelables, je mène des projets pour lesquels j’ai parfois besoin de faire émerger les idées au sein d’un groupe d’une dizaine de personnes, puis de les sélectionner avec elles…

Quelle comparaison établiriez-vous entre l’Usep, votre pratique sportive personnelle et celle que vous avez en famille ?

Je fais beaucoup de vélo, un peu de course à pied, du fitness, et du rugby. Par goût du challenge, je participe parfois à des courses : pas pour gagner, mais pour me dépasser et finir dans le meilleur temps possible. En famille, nous faisons du vélo et de la randonnée : c’est une façon de donner à mes enfants le goût de l’effort physique et l’habitude de se déplacer autrement qu’en voiture. Cylian et ma fille de 5 ans font aussi du baby-athlétisme et du fitness danse, dans un esprit voisin de celui de l’Usep, mais sans l’émotion et l’esprit de cohésion propres à une rencontre sportive scolaire.

(1) Le secteur Usep Nord-Alpilles réunit 18 associations et organise une quarantaine de rencontres par an, dont certaines hors temps scolaire comme le bal Usep et la fête de l’Usep à laquelle les parents sont invités.