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Enseignant à l’école Armand-Leygue de Toulouse (Haute-Garonne), Mathieu Brochado, 35 ans, seconde le délégué Usep grâce à une décharge de 50 %. Investi dans la formation, il transmet les valeurs de la rencontre sportive et associative, telle qu’il l’a connue enfant dans le Lot, puis comme jeune enseignant dans les Hautes-Pyrénées.

Mathieu Brochado, vous bénéficiez d’une décharge à mi-temps accordée par la Dasen1 de Haute-Garonne pour aider le délégué Usep : sur quelles missions ?

La formation d’adultes, principalement auprès des enseignants. En formation continue, j’insiste sur les valeurs propres aux activités physiques proposées en support de rencontres et je leur fais découvrir des activités innovantes comme le kin-ball ou le tchoukball, et aussi les ressources pédagogiques Usep. Je propose également des animations pédagogiques qui, cette année, ont porté sur une randonnée contée pour les maternelles, à partir d’un album intitulé La Chasse à l’ours. Mais je forme aussi à l’intervention en milieu scolaire des éducateurs sportifs de club engagés dans un BP Jeps2 basket. Ils mettent ensuite cela en pratique organisant une rencontre Usep.

Vous accompagnez aussi des « classes Usep »…

En Haute-Garonne, les classes Usep sont des projets d’année que j’aide les élèves à mener. Cette année, ils étaient au nombre de trois: une classe de Saint-Alban a proposé une rencontre sport boules pour toute l’école ; une autre de Toulouse a étoffé une balade urbaine avec des ateliers sportifs et des quizz sur la santé ; quant aux CE2-CM2 de Caraman, dans le Lauraguais, ils ont organisé un séjour sous tente au lac de Saint-Ferréol pour une classe de Toulouse : réservation du camping et des repas, pratique du vélo et du canoë, travail historique sur Pierre-Paul Riquet, le concepteur du canal du Midi… J’interviens pour lancer le projet, en préparant les enfants aux pratiques physiques et en leur expliquant comment on organise une rencontre, ce à quoi il faut penser. Et ensuite, je reste disponible en tant que personne-ressource.

Vous êtes également présent sur des rencontres ?

J’épaule le délégué sur plusieurs rencontres départementales et j’ai une mission spécifique auprès des comités de tennis et de golf, pour développer des rencontres en temps scolaire dans ces deux disciplines.

Et dans votre école ?

Je n’en fais pas autant que je le souhaiterais, tant je suis accaparé par ce mi-temps ! Peut-être l’an prochain, car je reprends une classe à plein temps3. En arrivant dans l’établissement, j’ai réactivé l’association, alors en sommeil, et affilié ma classe. Aujourd’hui, 6 classes sur 7 sont Usep, avec une pratique en temps scolaire pour l’instant. La prochaine étape consistera à développer le hors temps scolaire et la vie associative, en impliquant les élèves et les parents.

Vous-même, comment avez-vous connu l’Usep ?

Je l’ai découverte à Puy-l’Évêque, dans le Lot, grâce à mon instituteur de CE2, qui nous emmenait à Cahors pour des rencontres jeux collectifs, athlétisme, etc. Puis, jeune enseignant à Tournay, dans les Hautes-Pyrénées, j’ai suivi le sillon tracé par un collègue très investi à l’Usep, jusqu’à devenir un membre actif du comité départemental et être élu au conseil d’administration de la Ligue 65.

Cela a-t-il forgé votre conception de l’Usep ?

Pour moi, l’Usep, c’est la rencontre. C’est ce que j’ai ressenti quand, venant de mon petit village du Lot, nous allions nous mêler à d’autres enfants. Et c’est ce que j’ai retrouvé dans les Hautes-Pyrénées, où l’Usep réunit des écoles isolées le mercredi après-midi, hors temps scolaire. En Haute-Garonne, c’est une tout autre échelle et la pratique en temps scolaire est aujourd’hui dominante. Mais l’idée de rencontre reste au cœur du projet.

(1) Dasen : Directeur(trice) académique des services de l’Éducation nationale.

(2) BP Jeps : Brevet professionnel Jeunesse éducation populaire et sport.

(3) Mais le poste à 50 % auprès du délégué Usep demeure.