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Après avoir visité la Thuringe en hiver, début juillet deux classes des villages de Hinges et Annezin ont accueilli de jeunes allemands à Merlimont (Pas-de-Calais). Comment les enfants ont-ils vécu cet échange, qui marquait les 10 ans du partenariat entre l’Usep, la Jeunesse sportive de Thuringe et l’Office franco-allemand pour la jeunesse ? Plutôt bien…

Charlotte : « Je n’imaginais pas que les Allemands seraient si gentils »

« Ce qui m’a le plus surpris en Allemagne, c’est qu’à l’école ils n’ont pas les mêmes niveaux : CP, CE1, CE2… Et l’alimentation aussi : de la charcuterie ou une omelette au petit déjeuner, on n’a pas l’habitude !

Je n’imaginais pas que les Allemands seraient si gentils. C’est bête, mais je les voyais plutôt méchants, parce qu’on ne connaissait pas l’Allemagne…

Je me suis fait une super copine, Jaël. Quand on n’arrive pas à se comprendre, je lui mime les mots. Et je ne devrais peut-être pas le dire, mais hier soir quand on a éteint la lumière il était presque 23 heures, parce que les Allemandes de la chambre voulaient que je leur apprenne le français : hier, aujourd’hui, demain… De leur côté, elles m’ont enseigné le verbe ranger, parce que j’étale mes affaires partout ! »

Maxime et Gautier : « Il faut faire un pas vers l’autre »

« La maîtresse nous a appris des mots d’allemand et des expressions qu’on utilise tous les jours. Par exemple, si on veut aller aux toilettes, il faut le demander en allemand : Kann ich auf die Toilette gehen ? Et pour compter, c’est : Eins, zwei, drei… On utilise les mots que l’on connaît pour se comprendre, et quand ça ne suffit pas on essaie l’anglais.

À table, on se met plutôt entre Français. Mais dans les chambres et pendant les activités sportives, on est toujours mélangés. Le soir, il arrive aussi qu’on joue ensemble au ping-pong. Après, il faut que chacun fasse un effort, un pas vers l’autre. Le problème, c’est surtout le soir quand les uns veulent dormir, et les autres encore discuter.

On est souvent avec Johann et Sascha, ils sont sympas. Surtout Sascha : il est très sage, alors c’est facile de bien s’entendre. L’échange, on savait que par moments ce serait difficile, le soir loin de chez soi et de ses parents, mais c’est cool quand même. »

Lenny et Yamina : « Quand on s’amuse, on apprend mieux »

— Ce qui est spécial en Allemagne, c’est le thé, les tartes à la pomme de terre et les yaourts à la gélatine. Et la neige.

— C’est bien, la neige !

— Oui, mais 1 mètre, on n’a pas l’habitude. En Pas-de-Calais, c’est 2 cm et ça fond tout de suite !

— En même temps, c’est super beau, les châteaux sous la neige…

— Et la technologie ! L’Allemagne est très avancée comme pays : à la piscine, le casier s’ouvre automatiquement en approchant son bracelet…

— Et leurs jeux ont des règles différentes. À la balle au prisonnier, il y a un roi, et les joueurs peuvent aller sur les côtés du terrain…

— En tout cas, on s’amuse bien. Les cours d’allemands que donne la maîtresse le mardi et le vendredi après la classe, c’est bien, mais pendant le voyage, avec toutes les sorties, on s’amuse vraiment.

— Et quand on s’amuse, on apprend mieux.

— On est tout le temps à demander : « Was (quoi) ? » Ou bien : « Was is das (qu’est-ce que c’est) ? »

— On connait les mots les plus faciles.

— C’est sûr, on ne va pas apprendre « anticonstitutionnellement »

— Remarque, ce n’est peut-être pas plus compliqué que « Guten appetit, Guten Morgen, Guten Tag, Gutten Abend ». « Guten Abend », ça veut dire bonsoir, c’est à partir de 17 h.

— Moi, plus tard je veux apprendre l’allemand.

— Moi aussi. J’avais déjà ça en tête avant l’échange, pour ne pas faire espagnol comme tout le monde, mais là c’est décidé : en 5e, je prends allemand en 2ème langue.