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Les délégués départementaux des promotions 2016 et 2017 participaient fin janvier à un stage commun pour perfectionner leur apprentissage du métier. Témoignages croisés de deux d’entre eux.

Ce sont les chevilles ouvrières de l’Usep, à la fois en contact avec les associations locales, les élus du comité départemental, les services de l’Éducation nationale, les collectivités territoriales et tous les acteurs du sport scolaire. Un rôle de chef d’orchestre que le terme de «délégué départemental» traduit mal. «Je me vois plutôt comme une conseillère technique», explique Charlotte Bokemposila, nommée en Haute-Marne en octobre.

À 28 ans, cette éducatrice sportive passée par la fac de sport et titulaire d’un master en tourisme et loisirs sportifs découvre l’Usep. Mais pas l’école et les enfants, elle qui dans son Alsace natale encadrait des activités périscolaires et baby-gym avec un statut d’auto-entrepreneuse.

Il lui a néanmoins fallu un temps d’adaptation pour prendre la mesure de son poste, entre l’organisation des rencontres sportives, les relations avec les associations d’école et les multiples réunions figurant à son agenda. «Il m’a surtout fallu me situer parmi les trois institutions que sont la Ligue de l’enseignement, l’Usep et l’Éducation nationale : un millefeuille dont le président du comité départemental Usep, Fabrice Lapre, m’a détaillé les différentes states, en m’indiquant à qui m’adresser», sourit la jeune déléguée, bien aidée aussi par le fait qu’en Haute-Marne «les conseillers pédagogiques EPS sont très investis auprès de l’Usep».

De son côté, Charlotte a apporté un regard neuf sur des fonctionnements rarement interrogés. «Venant du privé, je suis probablement plus attentive aux impératifs de gestion financière. Pour la journée ski de l’an passé par exemple, le comité en avait été de sa poche de 2500 €. Cette année, nous avons relevé le coût de la participation afin de présenter un bilan équilibré.»

Enseignant à mi-temps

 

Autre département, autre profil. Aurélien Clouet, 34 ans, en poste en Eure-et-Loir depuis septembre 2016, est enseignant. Chaque début de semaine, il est même devant ses CM1-CM2 de l’école de Luray, près de Dreux. Aussi consulte-t-il ses courriels Usep aux récréations, à la mi-journée et le soir après la classe, afin de régler les affaires courantes…

En contrepartie du fait de ne disposer que d’un «mi-temps », Aurélien est épaulé par deux éducatrices sportives, en charge des rencontres Usep et des animations périscolaires : un mode d’organisation qui n’a fait qu’accélérer l’évolution de sa fonction vers celle de «manager», entre «gestion générale, animation d’équipe et relations avec les écoles». Par ailleurs élu au comité départemental Usep depuis 2010, Aurélien observe que « le côté administratif prend toujours plus de place, entre les remontées auprès de l’Usep nationale et du Conseil départemental, qui nous soutient financièrement ».

Deux promos en stage

Durant la semaine qui, entre contenus distincts et temps communs, réunit les deux dernières promotions de délégués, Charlotte et Aurélien ont pu échanger sur leurs pratiques. «Je repars avec des réponses à mes questions, et beaucoup d’idées nées en découvrant comment font les autres, insiste Charlotte Bokemposila. Je pense notamment à la vie associative. C’est l’une de mes priorités, car la Haute-Marne est atypique en ce qu’elle ne compte que 8 associations pour 4000 licenciés. Alors quand j’entends parler du projet d’une association Usep par école, je me dis que j’ai du pain sur la planche !»

De son côté, Aurélien Clouet souligne l’intérêt de ce second rendez-vous venant compléter le précédent : «L’an passé, j’ai pris de l’information et énormément appris en matière de technique d’animation, ce qui m’a ensuite servi pour mes propres formations. Cette fois, nous autres ˮanciensˮ étions dans la réflexion sur nos pratiques, ce qui est aussi très profitable. Et, en la matière, les temps informels ne sont pas les moins importants !»

 

 

Un large renouvellement. À la rentrée 2017, 16 nouveaux délégué.es sont entrés en fonction : un turn-over important, équivalent à celui de l’année précédente. Tous sauf un étaient présents du 22 au 26 janvier en Loir-et-Cher, avec 12 membres de la promo 2016. Parmi ces deux groupes, on recense 19 salariés de droit privé pour 13 fonctionnaires détachés ou mis à disposition par l’Éducation nationale, tandis que 6 d’entre eux cumulent la fonction de délégué de l’Usep et de l’Ufolep (fédération sport pour tous également liée à la Ligue de l’enseignement).