À Fougères, la Semaine olympique et paralympique brille de tout son éclat

À l’Usep Ille-et-Vilaine, la SOP 2025 associe de grandes «Usépiades» et des initiatives locales mobilisant 250 autres classes. Sous un soleil généreux, le top départ a été donné lundi à Fougères avec 140 enfants de maternelle et d’élémentaire.
Le terrain synthétique du stade de Fougères émerge à peine de la brume quand y pénètrent les CM1-CM2 de l’école Duguesclin. Mais le temps que l’école primaire Odile-Gautry au grand complet les rejoigne, le soleil l’a dissipée : visibilité parfaite pour la cérémonie d’ouverture de la première des cinq Usépiades de la Semaine olympique et paralympique en Ille-et-Vilaine !
Tandis que les parents accompagnateurs sont briefés sur les ateliers dont ils partageront la responsabilité avec les enseignants, les enfants tombent l’anorak et procèdent à un petit échauffement. Puis ils avancent en file indienne au son de l’hymne olympique, menés par les petits de maternelle, déjà vêtus des chasubles de leurs équipes. Après deux virages à 90°, la chenille multicolore se mue en carré pour écouter les consignes d’Alan, l’éducateur Usep en chef. Puis elle s’éclate en 140 papillons vers les ateliers : 8 sportifs et parasportifs, plus un étiqueté développement durable et un quizz olympique.
Dix ateliers
Vu le nombre d’enfants, les ateliers sont dédoublés. Et vu les différences d’âge, ils sont spontanément adaptés aux capacités de chacun. Pas si simple toutefois d’initier les petits de maternelle à la balle au capitaine. Ne pas marcher avec le ballon, ne pas toucher son adversaire, c’est trop en demander… « Un peu difficile à gérer », constate Richard, jeune enseignant remplaçant, qui ne veut pas non plus trop brider les enfants. La foire d’empoigne est si joyeuse… En revanche, de l’autre côté du terrain technique rime avec tactique : les enfants se démarquent et se rendent disponibles pour attraper la balle ovale avec dextérité. Normal, le capitaine d’une des équipes n’est autre qu’Emerys, qui pratique le rugby en club !
Au goalball, sorte de cécifoot où deux équipes se renvoient un ballon sonore en essayent de marquer des buts, la disposition des joueurs varie d’une rotation à l’autre. Et faut-il faire rouler le ballon, le projeter avec rebond ou shooter dedans ? Chacun fait selon son inspiration sous l’œil bonhomme des parents superviseurs. Une équipe réussit même à marquer contre son camp, ce qui est une forme d’exploit. Et, avec les plus petits, cela devient une « tomate » assise.
Au match d’ultimate, ça tourne rond. Ce sont des grands et Jean-Louis, en charge de l’atelier, est un prof d’EPS à la retraite venu accompagner son petit-fils. Lui qui enseignait à des collégiens se montre tout aussi pédagogue avec les maternelles dans l’apprentissage du lancer. Le geste n’est pas simple à maîtriser, mais lorsque le frisbee s’envole à peu près droit, quel accomplissement ! Sur l’atelier jumeau, son alter ego Alexis, est tout aussi à son aise. « C’est ludique », commente le papa de Violette et Daphnée, CP et CM1.
Au « tir au but tennis », certains utilisent la raquette comme un club de golf pour tromper l’adversaire, qui renvoie la politesse, et les plus habiles préfèrent se faire de vrais échanges. Et à côté, au lancer de vortex, la maîtresse a un peu mangé la consigne : il ne s’agit pas de faire étalage de sa force mais de doser son geste en visant la zone du milieu. Du coup, les enfants s’inquiètent : « Je vais garder mes points ? » Mais bien sûr, d’autant plus que les éducateurs Usep ont renoncé à distribuer les bouchons destinés à les comptabiliser. Aujourd’hui, nul besoin de comptes d’apothicaires pour entretenir la motivation des enfants.
Adaptation
L’adaptation est aussi de mise au relais « batamobilité », où à l’issue d’un sprint avec virages on affronte un camarade à un jeu de bataille où la hiérarchie as-roi-dame-valet est supplantée par celle des modes de transport, de la marche à l’avion : et devinez, c’est le plus écologique qui gagne ! Mais Aurore exige seulement de ses élèves de maternelle qu’ils lui offrent la carte comme on donnerait un bon point : les enfants n’en cavalent que davantage, parfait pour la dépense physique.
Le volley assis aussi, c’est compliqué pour les plus jeunes : se faire des passes par-dessus le filet, c’est déjà bien, et quel bonheur de s’adresser et de recevoir un ballon aux jolis panneaux rouge-vert-blanc, même quand on le prend sur le coin du crâne. Les plus grands s’attachent à frapper la balle du bout des doigts vers un camarade en comptant les échanges. Enfin, jusqu’à un certain point. « Madame, il y en a qui ne sont pas concentrés » C’est vrai, mais que répondre ? Que c’est le printemps, et que ce grand soleil de fin de matinée invite au laisser-aller ?
Tous avaient d’ailleurs raison d’en profiter : c’est déjà l’heure de se retrouver au centre du terrain pour un auto-applaudissement collectif et une photo-souvenir, rangés derrière la blancheur du drapeau aux anneaux.
En Ille-et-Vilaine comme ailleurs, rarement première journée de la Semaine olympique et paralympique aussi brillé d’un tel éclat.
SOP 2025 : relevez les défis nationaux et découvrez la flashmob